Chiens, chats, serpents et lapin retirés pour suspicion de maltraitance : La Confédération Nationale Défense de l’Animal porte plainte contre deux Nivernais

Nevers – janvier 2026

Des cris glaçants, des gémissements, une détresse qui fait froid dans le dos. C’est ce que révèle une vidéo diffusée en direct, par les mis en cause, sur laquelle une chienne en souffrance hurle de douleur. Ces images ont contribué à alerter les autorités dans une affaire de maltraitance animale ayant conduit, fin janvier, à la saisie de plusieurs animaux de compagnie dans la Nièvre.

Une enquête déclenchée après des signalements de voisinage

L’enquête débute à l’automne 2025, à la suite de signalements répétés de riverains inquiets des conditions de détention d’animaux et de cris entendus depuis deux appartements situés dans la Nièvre.

Mardi 27 janvier, les forces de l’ordre procèdent à la saisie des animaux, avec l’appui d’associations de protection animale membres de la Confédération Nationale Défense de l’Animal (CNDA).

Au total, six chiens, deux chats, deux serpents des blés et un lapin sont retirés à leurs détenteurs.

Des conditions de détention préoccupantes

Les investigations ont mis en évidence des conditions de vie très dégradées pour les animaux.

Les deux serpents des blés étaient maintenus dans une boîte en bois insalubre, sans hygiène, avec des fils électriques dénudés. L’un d’eux présentait un état sanitaire particulièrement préoccupant : déshydratation sévère et maigreur avancée.

Des violences reconnues lors des auditions

Lors de ses auditions, la mise en cause a dans un premier temps contesté les faits qui lui étaient reprochés. Elle a ensuite reconnu des comportements violents et inadaptés envers certains chiens : coups de pied, gestes brusques, frappes avec élan, punitions, ainsi que des difficultés manifestes à assurer la gestion et la prise en charge de l’ensemble des animaux détenus.

Elle a également admis avoir mordu une chienne à la babine pendant de longues minutes. Ces déclarations sont venues corroborer des éléments matériels et des témoignages recueillis au cours de l’enquête.

L’autremis en causeconteste quant à lui avoir exercé des violences directes sur les animaux. Il reconnaît cependant une situation de grande précarité personnelle et matérielle, et admet ne pas avoir été en capacité d’assurer correctement l’alimentation, l’abreuvement et le suivi sanitaire des animaux, caractérisant une situation de négligence.

Des animaux mal en point pris en charge par plusieurs refuges

Les animaux ont été répartis au sein de quatre refuges membres de la Confédération afin de garantir leur sécurité et leur suivi vétérinaire.

Des certificats vétérinaires ont été établis, confirmant notamment la présence de blessures anciennes sur l’une des chiennes.

À ce stade, les animaux demeurent sous réquisition judiciaire et ne sont pas proposés à l’adoption dans l’attente de l’issue de la procédure.

Une audience fixée au tribunal correctionnel

Les deux prévenus ont été remis en liberté à l’issue de leur garde à vue.

Ils seront jugés le 25 février 2026 devant le tribunal correctionnel de Nevers pour des faits qualifiés d’actes de cruauté et de maltraitance sur animaux de compagnie.

La Confédération Défense de l’Animal s’est constituée partie civile pour que les responsabilités soient établies.

Mise à jour – Décision du tribunal correctionnel de Nevers

L’audience s’est tenue le 25 février 2026 devant le tribunal correctionnel de Nevers.

Par jugement rendu à l’issue du délibéré, les deux prévenus ont été déclarés coupables des faits poursuivis.

Madame a été condamnée à :

  • six mois d’emprisonnement ferme,
  • une interdiction définitive de détenir un animal,
  • la confiscation de l’ensemble des animaux saisis,
  • ainsi qu’à une amende contraventionnelle de 200 euros au titre de la privation de soins.

Monsieur a été condamné à :

  • deux mois d’emprisonnement assortis du sursis,
  • une interdiction définitive de détenir des animaux.

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du ministère public, lesquelles sollicitaient uniquement des peines d’emprisonnement assorties du sursis.

Dans ce dossier, étaient engagées aux côtés de la Confédération Défense de l’Animal trois de ses associations membres :

Le tribunal a également accordé 100 euros par chien au titre du préjudice animalier, pour nos associations membres ayant recueilli les animaux.

Cette décision et confirme la légitimité de l’action judiciaire engagée par les associations et la réalité des faits de maltraitance.

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