Floki, abandonné muselé avec deux kilos de chaînes autour du cou 

Il s’appelle Floki. Ce malinois a été retrouvé seul dans un appartement, amaigri, affaibli, le museau marqué par des plaies et sept chaînes autour du cou.

La Confédération Nationale Défense de l’Animal (CNDA) se constitue partie civile dans cette nouvelle affaire de maltraitance animale, aux côtés de son association membre, la SPA des Cailloux, qui a pris Floki en charge.

Alertée par des voisins, inquiets d’entendre le chien aboyer sans répit et le bruit répété des chaînes, l’association est intervenue sur place. Elle découvre alors un logement insalubre, volets fermés, avec une fenêtre déjà cassée par les pompiers. À l’intérieur : Floki, seul, faible, non identifié, portant environ deux kilos de chaînes autour du cou.

Selon les éléments recueillis, le chien aurait été laissé ainsi plusieurs jours.

Des plaies compatibles avec un port répété de muselière

Son museau présentait des éraflures et une perte de poils laissant supposer l’usage d’un adhésif. Le rapport vétérinaire relève des « plaies par frottements sûrement dues à un port répété de moyens de contention comme des muselières ». L’examen clinique mentionne également un score corporel bas de 3/9, correspondant à un animal trop maigre.

Lors de son audition, le détenteur aurait expliqué avoir attaché Floki car il le considérait comme dangereux et agressif. Il aurait aussi déclaré le sortir vers 3 heures du matin afin d’éviter de croiser du monde.

Des déclarations contredites par plusieurs témoignages : selon les voisins, lorsque Floki n’avançait pas, son propriétaire lui assénait des coups de poing ou de pied, et lui plaquait le museau au sol. 

Utilisé comme une alarme vivante

Floki aurait été gardé dans cet appartement pour en assurer la surveillance. Son détenteur aurait indiqué avoir récupéré le chien entre fin 2022 et janvier 2023, après le départ de son propriétaire initial.

Depuis, Floki aurait été maintenu dans le logement pour dissuader d’éventuels cambriolages. Il n’était pas considéré comme un être vivant, mais comme un vulgaire moyen de surveillance.

Floki a depuis été identifié et pris en charge par la SPA des Cailloux.

Des refuges saturés par les chiens à profils spécifiques

Depuis plusieurs années, les associations de protection animale constatent une augmentation préoccupante du nombre de malinois et de chiens dits à profils spécifiques dans leurs structures.

Choisis pour leur image de chien de garde, de défense ou de sécurité, ils sont encore trop souvent acquis par des personnes qui ne mesurent ni leurs besoins, ni leur sensibilité, ni leur niveau d’exigence.

Un malinois est un chien intelligent, puissant, réactif, qui a besoin d’un cadre stable, d’activité physique, de stimulation mentale, d’interactions et d’une éducation adaptée. Lorsqu’il est isolé, attaché, enfermé ou privé de repères, il peut développer des troubles du comportement, comme tout animal. Ces troubles sont ensuite utilisés pour le qualifier de « dangereux » ou « agressif », et justifier la contention, les coups ou l’abandon.

Pour un animal aussi actif qu’un malinois, la contrainte permanente et l’absence d’exercice représentent une atteinte grave à ses besoins fondamentaux.

Leur prise en charge mobilise fortement les équipes, les bénévoles, les éducateurs et les familles d’accueil.

Leur adoption est souvent plus longue, car elle doit être particulièrement encadrée.

Les refuges ne peuvent pas continuer à absorber seuls les conséquences de détentions irresponsables, d’acquisitions impulsives et d’un usage dévoyé de ces chiens comme outils de protection ou d’intimidation.

Défense de l’Animal partie civile

Face à la gravité des faits, la CNDA se constitue partie civile aux côtés de la SPA des Cailloux.

Floki est désormais en sécurité. Mais son histoire met en lumière l’urgence de responsabiliser les détenteurs, de mieux encadrer l’acquisition de certains chiens et de faire reconnaître la gravité de ces violences.

Aucun chien ne devrait être réduit à un rôle d’alarme.

Aucun animal ne devrait vivre seul, enchaîné, muselé, dans un logement fermé.

Aucun refuge ne devrait être le dernier rempart face à autant d’irresponsabilité.

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