Effondrement de la biodiversité : le déclin continue…

Depuis 1964, la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) inventorie et informe sur l’état de la vie sauvage sur la planète. Aujourd’hui, ce sont 147 517 espèces animales et végétales qui sont suivies par des comités d’experts afin d’évaluer, année après année, les menaces qui pèsent sur elles. Mise à jour le 21 juillet dernier, ce sont aujourd’hui 41 459 espèces qui sont menacées d’après la Liste rouge, dont 9 065 en danger critique d’extinction.

Petit tour d’horizon !

Dernières migrations pour le papillon monarque ?

Connu notamment pour son incroyable migration annuelle de plus de 4 000 kilomètres entre le Mexique, les États-Unis et le Canada, le papillon monarque migrateur fait, cette année, son entrée dans la catégorie « En danger » de la Liste rouge.

Les populations canadiennes ont chuté de 72 % en dix ans, principalement à cause de la déforestation, du développement des villes et de l’usage des herbicides et pesticides utilisés au Mexique et en Californie où ce lépidoptère hiverne. En Europe, le papillon monarque a quasiment disparu, passant de 10 millions dans les années 1980 à moins de 2 000 individus recensés en 2021.

De plantations d’asclépiades autochtones à une réduction de l’utilisation des pesticides en passant par la protection des sites d’hivernage […], nous avons tous un rôle à jouer pour nous assurer que cet insecte emblématique se rétablisse définitivement

Anna Walker, membre du Groupe de spécialistes des papillons de la CSE-UICN.

Coup de chaud chez les coraux !

La surface totale des récifs coralliens de notre planète représente moins de 0,25% de l’environnement marin*, mais abriterait près de 2 millions d’espèces différentes* !

La couche supérieure des coraux est constituée d’organismes vivants, les polypes, qui vivent en symbiose avec des algues microscopiques, les zooxanthelles. Celles-ci leur fournissent des nutriments et leur confèrent aussi leurs coloris.*

Qu’ils se trouvent dans les eaux tropicales ou en eaux froides, les coraux sont essentiels à la biodiversité marine puisqu’ils accueillent au sein de leur barrière de corail de nombreuses espèces qui y trouvent refuge et se reproduisent.

Les coraux jouent également un rôle majeur pour l’Homme, en protégeant nos côtes des tempêtes, en attirant de nombreux touristes ou en offrant une source de nourriture, grâce à la biodiversité qu’ils accueillent*. Pourtant, le réchauffement climatique, la surpêche, le chalutage ou encore la pollution ont des effets dévastateurs sur ces écosystèmes précieux. Phénomène de plus en plus visible, le blanchissement des coraux reflète l’état d’urgence dans lequel se trouve les coraux et leur fragilité. A cause du réchauffement des eaux, ils se décolorent, deviennent blancs et ils ne peuvent plus survivre. *

La clé absolue est de s’attaquer au changement climatique. Nous aurons beau nettoyer l’eau, les récifs vont périr.

Terry Hughes, biologiste marin de l’université James-Cook – Australie

Comment préserver les coraux ?

Le grand hamster d’Alsace

Estimé à seulement 1 500 individus, le grand hamster d’Alsace est en « En danger critique d’extinction ». Dotée d’un pelage marron et blanc, l’espèce était originellement très présente entre l’Alsace et la Russie.

Mais avec la réduction drastique de son environnement naturel, le développement des monocultures de maïs et de blé ou encore la pollution lumineuse, les 3/4 des espaces naturels d’origine du grand hamster d’Alsace ont disparu, selon l’UICN*.

Autrefois considéré comme nuisible, le grand hamster d’Alsace est aujourd’hui protégé et des individus, élevés en captivité, sont ensuite relâchés dans la nature pour protéger l’espèce.

Les requins sur le déclin !

Apparu il y a 400 millions d’années, vivant dans tous les océans, des littoraux jusqu’en pleine mer, le requin (et ses 440 espèces) est sur le déclin ! Braconnés pour leurs ailerons, victimes de la surpêche et des pêches non ciblées, le nombre de requins et de raies dans les océans a chuté de 71 % depuis 1970*.

Une récente étude menée en Méditerranée, montre que les requins et les raies sont plus fréquemment attrapés dans les zones protégées que dans les zones non protégées. Le rôle des petits bateaux de pêche, qui représente près de 90 % de la flotte mondiale, n’est pas à négliger.

Les tigres reprennent du poil de la bête

Même s’ils sont toujours classés « En danger », menacés par le braconnage, la raréfaction de leurs proies et la fragmentation/destruction de leurs habitats, les populations de tigres reprennent du poil de la bête. Elles ont augmenté de 40 % depuis 2015 et les tigres vivant en liberté sont entre 3 726 et 5 578 à travers le monde.

Cette augmentation s’explique notamment par des améliorations des techniques de suivi, montrant qu’il existe plus de tigres qu’on ne le pensait auparavant, que des projets de conservation de l’habitat du tigre sont efficaces et qu’un rétablissement est possible tant que les efforts de conservation se poursuivent.

La tourterelle des bois

Peuplant la France de fin avril à début septembre pour sa période de reproduction, la tourterelle des bois reprend ses quartiers d’hiver au tout début de l’automne et rallie l’Afrique sub-saharienne à la recherche de sa nourriture favorite.*

En seulement 40 ans, cet oiseau migrateur a vu sa population s’effondrer de 80% en Europe. Sa chasse, la destruction de son habitat et l’utilisation des pesticides ont un fort impact sur l’espèce qui est aujourd’hui considéré comme « Vulnérable »*. Cette année encore, afin de préserver l’espèce, la chasse à la tourterelle des bois a été suspendue jusqu’au 30 juillet 2023.

Jusqu’au 30 juillet 2023, la chasse de la tourterelle des bois (Streptopelia turtur) est suspendue sur l’ensemble du territoire métropolitain

Arrêté du ministère de la Transition écologique.

C’est la troisième année de chasse consécutive où la France interdit la chasse à la tourterelle des bois. La Ligue de Protection des Oiseaux, demande le retrait définitif de l’espèce de la liste des espèces chassables.

Le cri d’alarme de l’IPBES

La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) est à la biodiversité ce que le rapport du GIEC est au climat. Dans son dernier rapport, publié le 8 juillet 2022, 85 scientifiques dressent l’état des lieux des menaces qui pèsent sur la biodiversité dont dépend l’espèce humaine pour manger, se soigner, s’habiller… Les constats sont accablants, particulièrement pour les populations les plus pauvres, puisque 70 % d’entre elles dans le monde dépendent directement des espèces sauvages.

Les humains dépendent aujourd’hui de 50 000 espèces sauvages qui sont directement utilisées : arbres, plantes, champignons, poissons, oiseaux, mammifères, coquillages, crustacés, etc. Au moins deux tiers des populations à faible revenu sont directement tributaires de cette biodiversité, avec 1,5 milliard de personnes dépendant de plantes, algues ou champignons sauvages pour vivre, et 2,8 milliards de personnes dépendant d’une biomasse sauvage, comme le bois, pour obtenir de l’énergie, soit la moitié de la masse de bois récoltée dans le monde. C’est colossal !

Philippe Grandcolas, directeur adjoint scientifique à l’Institut écologie et environnement du CNRS

Face à ce constat accablant, le rapport qui se base sur plus de 6 200 travaux scientifiques, propose de réduire la pêche illégale, de supprimer les subventions néfastes ou encore de soutenir la pêche artisanale. Il suggère de mettre en place des certifications pour l’exploitation forestière, d’opérer un « changement transformateur » et d’avoir des systèmes de gouvernance efficaces pour une redistribution équitable des bénéfices et des coûts liés aux espèces sauvages.


SOURCES

Le papillon monarque migrateur est désormais En danger – Liste rouge de l’UICN

Le blanchissement des coraux en trois questions – Geo.fr

Les coraux, espèces en danger | WWF France

Reportage : état d’urgence pour les coraux | National Geographic

Le grand hamster d’Alsace « en danger critique » d’extinction (rtl.fr)

Le grand hamster d’Alsace menacé d’extinction – Le Parisien

Malgré les protections, raies et requins continuent d’être pêchés en Méditerranée – Le Parisien

L’interdiction de la chasse à la tourterelle des bois prolongée d’un an – Libération (liberation.fr)

Tourterelle des bois – LPO (Ligue pour la Protection des Ois…

L’Ipbes, interface essentielle entre les scientifiques et les gouvernements

Alerte rouge de l’IPBES sur les 50 000 espèces menacées dont dépend l’humanité

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